mardi 25 mars 2008 | 20:58
Le chiffre magique... 4,22 !

Ouais. Vous avez bien vu.
L'Arbitre se prononce aujourd'hui sur la folie inexplicable du désormais célèbre fils de Patrick Roy... Jonathan.
Oui, oui. Celui dont vous ne connaissiez rien de la muette carrière dans les rangs junior. Celui qui n'a que 20 matchs joués au cours de la présente saison, pour une moyenne de buts alloués par partie fixée à 4,22. Instructif, non ?
Oh ! Vous avez oublié que le jeune homme (qui a la tronche de son paternel, avouez) jouait aussi au hockey.
Normal, il était un illustre inconnu ou presque avant samedi.
Jonathan était en quelque sorte hors du tableau brossé depuis quelques jours par les médias. Parce que rarement, les caméras ont-elles été braquées sur lui.
Le pire dans toute cette histoire, c'est que Jonathan Roy vient tout juste de célébrer ses... 19 ans.
À ses côtés dans le vestiaire des Remparts, plusieurs de ses coéquipiers n'ont même pas l'âge de pousser la porte d'un bar.
Mais tous ces kids peuvent laisser tomber les gants, frapper du plus fort possible et faire monter la hargne, comme si elle était fondée et justifiable. Imaginez-les en groupe... la motivation haineuse décuple.
Comme quoi 4,22 peut aussi être un quotient collectif, quand tout se bouscule sur la glace.
Tout cela est un peu illogique, non ?
Je sais, ces arguments ont été répétés encore et encore. Mais j'en suis toujours troublé.
Ce qui me trouble encore plus, ce sont les séquelles que laissent de tels événements.
Non seulement J. Roy doit-il faire face à la musique maintenant, du haut de sa vingtaine non-atteinte.
Mais il devra affronter tout cela toute sa vie. Les médias, le public, la famille lui rapporteront à toute occasion ce moment précis, qu'il souhaite pourtant à tout prix effacer depuis samedi soir.
Et tous les jours, il croisera au bout de la table, celui qui l'a poussé à traverser la patinoire, devant caméras et appareils-photo, pour faire un fou de lui et ruiner une partie de sa propre vie.
Dommage...
Alors, s'il est trop jeune pour jeter les gants, comme plusieurs le laissent entendre, il est aussi beaucoup trop jeune pour subir toute cette pression, qui frôle le spectacle.
Mais voilà, Jonathan Roy a joué à la vedette, poussé par un contexte qui s'y prêtait drôlement bien.
Et les conséquences sont ce qu'elles sont, parce que la LHJMQ est ce qu'elle est.
Bonne semaine,
ÉricLibellés : O
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dimanche 23 mars 2008 | 22:19
Résurrection au Cimetière des CD
 Bon dimanche! Et surtout joyeuse Pâques!
J’entame le printemps avec une bonne nouvelle ; une trêve de « chialage », rien de moins. Que cela ne tienne, je ne compte pas en faire une habitude, mais jeudi dernier, j’ai été mise aux faits d’une nouvelle incroyable, nouvelle qui a vite fait d’écarter tous les sermons que j’aurais pu vous servir aujourd’hui : MUSIQUEPLUS A PIGÉ.
Résumé bref et concis de la situation. Revenue aux joies du câble avec environ 2 ans d’absentéisme à mon dossier (les joies étudiantes, que voulez-vous), j’ai effectué récemment un retour aux sources. Retour à LCN, RDI et tout le reste du pertinent. Retour également aux bonshommes animés d’après-midi, au canal des meurtres, des faits vécus, des activités parlementaires ou boursières. Mais aussi, et ce fut avec la plus grande des visions d’horreur, retour à MusiquePlus.
Retour à une chaîne MusiquePlus défigurée, aux allures d’une fête foraine destinée aux 8 à 12 ans. Où la musique, « dans mon bon vieux temps » considérée comme un sujet primordial et l’un des seuls qui soient, a littéralement péri au profit de toutes sortes d’émissions de télé-réalité - Hulk Hogan, BAM et compagnie- les plus insipides les unes que les autres. La musique? Littéralement au « Cimetière des CD ».
MusiquePlus avait aussi pris un virage « jeunesse branchée » pendant mon absence : une stratégie se résumant à « garocher » à des pré pubères ce qu’ils voulaient voir : eux-mêmes. Une émission de jeunes qui se « matchent » entre eux, une autre pendant laquelle des jeunes paient 1$ pour s’envoyer un SMS défilant pendant 3 longues secondes au bas de l’écran. Rien de mieux que de belles bribes sentimentales telles que « Té ma best 4ever Johanne ». « M’man té la plus smatte » ou « I love you Mat. X0X de :Anonyme de Terrebonne ». Ou encore des petites jumelles de 15 ans tout au plus, similies Olsen en devenir, s’adonnant à du « reportage » à l’image de la productrice de BO2 : Anne-Marie Losique. Découragée, j’ai trouvé le repos dans les publicités tant le contenu était accablant, en me disant que je devais être trop passée date pour me retrouver dans ce divertissement.
Certains, pour être polis, ont parlé d’un « virage interactif ». J’ai préféré opter pour une baisse criante d’intelligence et de contenu. Force était d’admettre pour moi que la chaîne se considérant comme une « référence indéniable en matière de culture musicale populaire » depuis plus de 20 ans, chez les jeunes adultes, avait troqué son public cible et y avait perdu des plumes (et de la pertinence), en cours d’opération. Les plumes, les parts de marché le prouvent assez bien : cet hiver, MusiquePlus a obtenu une maigre part de marché de 1,7% chez les 18-34 ans. Quant à la pertinence, c’est une question d’âge et de perception, sans doute. Mais quand on a connu Claude Rajotte et ses connaissances musicales, on prend une belle et grande plonge pour retomber, bas, très bas, jusqu’à « Matche-moi m’man ».
Toujours est-il que je n ‘étais certainement pas la seule, dans mon petit coin avec une bonne dose de découragement. MusiquePlus l’a compris aussi, ou plutôt la vice-présidente principale à la programmation et aux communications de Canal Vie, Ztélé, Vrak.tv et MusiquePlus chez Astral Media, Marie Collin. Ainsi, en entrevue avec le Soleil, elle annonçait cette semaine une bonne, belle et méritée restructuration. On vise, par là, rien de moins que de revenir, en deux ans, la référence musicale principale, titre s’étant envolé jusqu’à se poser quelques postes plus loin dans les dernières années. Ainsi, les jumelles et les histoires de cœur de « Coup de foudre » prendront entre autres le bord. MusiquePlus tentera, en s’appuyant sur l’expertise musicale, de se reformer après s’être faite charcuter par un atroce lifting rajeunissant. Changement de logo, d’imagerie d’antenne, de contenu. Tout ça dans la finalité ultime de toucher les 15-30 ans.
C’est un projet ambitieux quand on sait, et j’exagère à peine, que 30 ans est actuellement l’âge des parents du public à l’écoute.
Bonne chance à Musique Plus, et surtout, bravo pour ce retour sur terre qui fait du bien…
Roxanne Langlois
Photo : Étienne Martin-Ouellet.
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vendredi 21 mars 2008 | 10:55
L'Arbitre saute une coche!
Jeudi soir, hier, 20 mars. Je regarde et écoute (on regarde ou on écoute la télé?) le téléjournal 22 heures à Radio-Canada. Céline Galipeau a toujours la prononciation aussi fine et j'avoue que ça m'a toujours agacé. Par contre, cette fois-ci ce sont les sujets qui m'agressent. Après les deux premiers topo, j'en peux pu! Je fulmine. Un seul mot me résonne en tête. Je suis seul dans mon appartement, mais je ne peux me contrôler. J'EXPLOSE! «TABARNAC!», dis-je. Désolé pour les yeux fins, impossible de censurer le gros mot. Premier sujet du TJ, quelqu'un est tombé par hasard sur des plans top secret de la Défense nationale en cherchant un restaurant. Bon. On fait construire de tout nouveaux quartiers à une escouade d'élite chargée de combattre le terrorisme, les attaques bactériologiques et les attaques nucléaires, mais on sacre les plans à la poubelle dans une rue d'Ottawa. Parenthèse: (Ok, c'est louche. Le «kekun» en question est Anthony Salloum, qui serait membre d'une organisation opposée aux politiques canadiennes de défense. Ensuite, on se demande bien ce que cet homme-là trouvait de si intéressant à fouiller dans un sac poubelles par hasard. Et finalement, qui est-ce qui jette des plans de la Défense nationale dans une rue commerciale d'Ottawa, la même rue où le «kekun» et sa femme cherche un restaurant?) Fin de la parenthèse À ce moment-là du topo, je suis estomaqué, mais je me contrôle. Sauf que Stockwell «please save the» Day entre en scène. «S'il y a eu atteinte à la sécurité, ce sera inquiétant. Nous allons attendre les détails», commente-t-il sans trop d'énervement. QUOI? Quand est-ce qu'on va avoir des ministres normaux? Des êtres humains? Personne ne réagit comme ça! Pourquoi est-ce qu'il ne lâche pas un: «Ah bin câlisse! J'me mets là-dessus pi si je le pogne le p'tit criss d'incompétant y fera pas chaud!» Mais non. Jusque là pourtant, je bouille mais le couvercle contient la marmite. Apparaît ensuite Christine St-Pierre. Là c'est trop... Madame la ministre de la Culture veut franciser les travailleurs immigrants avec beaucoup d'espoir, une conscience aveugle et aucune mesure concrète. Ouf! De moi à vous Mme St-Pierre: «Je ne peux pas croire que la journaliste en vous aurait laissé passer un plan aussi ridicule!» Son ministère veut rembourser des claviers d'ordinateurs français aux entreprises. Voyons donc, il y a 8 mots sur un clavier et la plupart sont des abréviations. On n'apprendra pas le français aux Chinois avec des touches «entrer» ou «retour»! Des chiffres et des lettres c'est français, l'important c'est de savoir les taper dans le bon ordre. Comme disait François Pérusse... «Maudite décision de cave!» ***Toutes mes excuses si ces propos choquent mes collègues Arbitres, les lecteurs et/ou les politiciens en cause, mais comme on dit, trop c'est trop. J'ai choisi le métier de journaliste pour informer la population et la prévenir contre la bêtise décisionnelle... Étoile de la semaine: Je décerne une mention aux automobilistes printaniers. La compétition de slalom-évite-nids-de-poule commence. Bonne chance à tous. Que le meilleur gagne et que les moins bons subissent les crevaisons! Pénalité de la semaine: Difficile de passer sous silence les horreurs chinoises. Éric a effleuré le sujet, mais l'information est si limitée qu'on ne peut se faire un portrait juste de la situation. Tout ce qui importe c'est que la gratuité de la violence est intolérable. Le Monde a peur à ses $ alors il ferme les yeux et attend que ça passe. Ugo
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mardi 18 mars 2008 | 22:29
Profond malaise...
Bon ! Je suis là...
Bon mardi, chers amis. Il y a des fois, dans la vie, où vous ressentez un profond malaise. Malaise face à vous-même et votre impuissance. Ou malaise face aux puissances, c'est selon ? C'est un sentiment qui m'habite de plus en plus, en songeant à la Chine. Cette espèce de mauvaise impression qui perdure, vous saisissez ? Je n'arrive pas à m'y faire, je n'arrive pas à y croire. Pékin aura les Jeux olympiques.Pékin se positionnera enfin comme étant au coeur d'un monde en pleine évolution. Comme si la Chine, son président (?) Hu Jin Tao en tête, pouvait être partie prenante de la modernité... mais dans son monde bien à elle. Quoi ? Si vous êtiez 1 milliard et quelques centaines de millions, dans un petit bungalow, vous auriez vous aussi l'impression que la planète s'arrête dans le jardin. ¸ Ça me fascine. Et je me demande bien qui pourra juger le pays le plus populeux du globe. Voyez comment les voix se taisent, à l'aube de la grande Compétition sportive. Nul ne veut se mettre à dos la prochaine grande puissance du monde, si elle ne l'est pas déjà. Et personne n'a le coeur de remettre en question les fondements de ce peule, qui pourra bientôt ne faire une bouchée de tous les autres. Pourtant, la modernité a un prix. Du moins, je le croyais. Celui du respect des droits de l'homme. Où sont les grands principes de démocratie qui justifient des guerres partout à travers le monde ? C'est fou, non. Fouetter les tibétains ne devrait pas donner de laisser-passer au concert des nations. Museler les contestataires ne devrait pas permettre de conclure des transactions économiques démesurées. Et accueillir les athlètes du monde entier, dans un esprit de paix et d'accomplissement personnel et collectif, ne devrait être légal dans un tel contexte. Bonne semaine, Éric Étoile de la semaine Barak Obama et Hilary Clinton reçoivent tous deux la récompense, cette semaine. Pour deux raisons. La première, pour cette course à la chefferie démocrate, qui ne pouvait pas être plus excitante. Merci de nous laisser ce beau moment historique... La deuxième, pour avoir abordé tous deux de front le sujet du racisme, aujourd'hui. Vraiment, c'est magnifique. Ils ont compris l'importance de dire à l'Amérique qu'elle a tort, quand elle carbure aux préjugés.
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lundi 17 mars 2008 | 23:15
Bonne nuit...
Bon lundi chers amis,
Comment vous portez-vous ?
À croire que l'on est les survivants du blog.
On se laisse aller, on revient vous voir... On se fait désirer, quoi.
De mon côté, je vous avoue, c'est un peu mort. Ma vie de journaliste prend tout mon temps, alors quand vient le moment de porter mon chandail ligné, je peine à sortir le siflet.
Mais bon. Voilà, il est 23h20. Je viens de sortir du bureau ou presque.
Mais j'avais promis de vous écrire, alors que l'arbitre se relance.
Toutefois, le message en substance ira à demain, question d'avoir les idées claires.
Donc, si vous flirtez avec l'Arbitre aujourd'hui, revenez le voir plus tard...
Bonne nuit,
On reconnecte demain.
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vendredi 14 mars 2008 | 16:29
Chaque minute compte... pas partout!
«Chaque minute compte»... Vous avez sûrement déjà lu ou entendu ce slogan attribué aux services ambulanciers. Mais lorsque l'on s'arrête pour discuter avec les techniciens paramédics, on constate que le slogan n'est pas valable pour tout le monde. En fait, pour les résidents des grandes villes le problème ne se pose pas. Sauf que si vous avez le bonheur de vivre en région, votre vie est peut-être en danger.
 Dans les grands centres, les ambulanciers travaillent selon des horaires à l'heure comme dans toute entreprise. Une équipe est toujours prête, sur le qui-vive, à répondre à l'appel. Par contre, dans les plus petites communautés, on applique l'horaire 7/14. Cet expression veut dire que une semaine sur deux (7 jours sur 14), une équipe d'ambulanciers est en fonction 24 heures sur 24. Les techniciens sont chez eux, font leurs petites affaires jusqu'à ce qu'un appel soit placé. Dès lors, ils doivent se rendre à la caserne chercher l'ambulance et ensuite se rendre sur les lieux. Pensez-y, 2h du matin, l'appel entre, l'ambulancier dort. Il se lève, enfile son uniforme, sort dehors. Merde il a neigé! Déblaie l'auto, embarque dans le char et se rend enfin à la caserne. Là, il doit ensuite se rendre chez vous avec l'ambulance. Tout ce temps là vous souffrez et sacrez contre les maudits ambulanciers... Le temps de réponse est ÉNORME! Le superviseur du service ambulancier de Farnham, Pascal Lapointe, se bat contre cette pratique. Au ministère de la Santé, on répond qu'on n'a pas les moyens de payer des ambulanciers à l'heure partout. Ce qui peut se traduire en bout de ligne par «une vie n'a pas de prix, sauf qu'en région ça vaut moins cher qu'en ville». À Farnham, une équipe est en fonction du lundi au vendredi de 9h à 17h. En dehors de ces heures, les ambulanciers sont en 7/14. Les statistiques sont criantes! L'équipe de jour arrive sur les lieux en moins de 8 minutes 50% du temps et presque toujours en moins de 15 minutes. L'équipe en 7/14 prend plus de 15 minutes pour arriver sur les lieux dans 55% de ses sorties. En dehors des «heures d'affaires», la vie des gens est en DANGER! En écoutant le technicien ambulancier Pascal Lapointe, on comprend l'urgence de la situation. Ses histoires glacent le sang. «Dans le temps des fêtes, l'équipe de jour a réanimé trois personnes en trois semaines. L'équipe de 7/14 n'a jamais réanimé personne depuis que ça existe», affirme-t-il. «Un employés d'usine s'est électrocuté à 9h15 le matin, en 3 minutes l'équipe de jour est arrivé et l'a réanimé. Si c'était arrivé 20 minutes plus tôt, c'est le 7/14 qui serait allé et le gars serait mort parce qu'on aurait mis trop de temps à arriver», raconte M. Lapointe. Lui et tous ses collègues en ont plus qu'assez de voir les gens mourir dans leur ambulance ou de ne rien pouvoir faire en arrivant sur les lieux d'un appel. «Chaque fois que le 7/14 arrive sur les lieux d'un arrêt cardiaque, dès qu'on branche le moniteur on a une asystolie, une ligne continue», déplore-t-il. Lors d'un arrêt cardiaque, les ambulanciers doivent être sur les lieux en 4 minutes pour sauver l'individu sans séquelles. Un scénario impossible pour les 7/14 et le ministre de la Santé le sait très bien. Qu'est ce que ça prend pour que ça change? Une poursuite contre le gouvernement? Un rapport du coroner blâmant le système 7/14? Ou qu'un politicien célèbre meurt d'une crise cardiaque dans son chalet de North Hatley parce qu'il n'y a pas d'ambulance? Si vous avez à faire une crise cardiaque en région, vous avez intérêt à faire ça du lundi au vendredi entre 9 heures et 17 heures sinon... Étoile de la semaine: Tout les honneurs à Étienne-Martin Ouellet qui se joint à l'Arbitre en tant que «L'Arbitre-photographe». Vous avez d'ailleurs le plaisir d'admirer sa première oeuvre ci-haut, la photo de l'ambulance. Ugo Crédit photo: Étienne Martin-Ouellet «L'Arbitre-photographe»
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jeudi 13 mars 2008 | 12:53
Procréons pour Dumont!

L’arbitre féminin est la première, en ce mercredi, rentrée de la grève générale des arbitres contractée par pur hasard et négligence il y a déjà presque... un mois. Quel moment plus qu’opportun pour moi, qui sera sûrement, encore une fois et tout aussi malgré moi, projetée sous peu en grève à l’UQÀM… LA RE-REVANCHE DES CARRÉS ROUGES, rien de moins... ou la re-re-revanche : avec toutes les raisons qu’ils s’inventent, ces grévistes épuisés et épuisants, on ne sait plus trop à quel saint se voue...
Mais bon, tout cela pour dire, sans vouloir partir en croisade contre tous ces bons hippies samaritains qui espèrent changer le monde et l’éducation du prochain siècle à coups de pancartes et de semaines de congés, que je prends enfin le temps pour vous écrire un peu, et que j’en aurai peut-être considérablement davantage à vous consacrer à partir de vendredi.
Grande passionnée de démographie que je suis, n’est-ce-pas, je suis tombée sur un titre aujourd’hui, ma foi plus qu’enlevant : « L’ADQ veut provoquer un baby-boom ». Première constatation : nul doute, Mario Dumont a le don de sortir des idées menant à des titres qui « punchent ». Deuxième constatation : Nul doute non plus, « L’Équipe Mario Dumont » voit grand… et veut voir loin. Loin, en fait, jusque dans l’intimité de nos couchettes!
Résumons, avant de s’en prendre férocement à cette idée grandiose, le cas. L’ADQ propose rien de moins que d’investir 3 MILLIARDS $ de plus par année pour encourager les Québécoises à procréer. Le but principal est d’inciter celles-ci à atteindre la barre des deux enfants en moyenne, alors que le taux de natalité actuel enregistré est 1,6.
La prémisse du projet que l’on devrait y voir est la suivante: si plus de femmes accouchent, on pourra se permettre d’avoir moins d’immigrants dans les jambes. Bon, Mario Dumont ne l’a pas dit tel quel, mais c’est tout de même ce que ça signifie : 0,4 bébé de plus par femme et on est bons pour la sainte paix. Et il y a la députée Linda Lapointe, toute excitée, qui se presse de dire avec la plus belle des fiertés jamais vues qu’elle a elle-même 4 beaux et bons et forts enfants et nous incite à prendre l’exemple. Allons toutes se faire « mettre en balloune ». C’est charmant. Vraiment, qu’une députée me le conseille fortement, ça me convainc totalement de me faire engrosser…En fait, toute bonne personne possédant des ovaires n’attendait invariablement que cela pour se jeter dans l’aventure.
Derrière ce projet – que je considère ni plus ni moins comme une injection financière grotesque de fonds pour servir une idéologie anti-immigratrice- il y a ce questionnement qui m’est soudain venu en lisant les lignes de l’article résumant la prodigieuse annonce : La politique peut-elle, à coup de grosses piastres, faire naître plus de poupons ?
Plus j’y pense, plus le non qui me venait en tête au départ devient la seule réponse plausible. Dumont l’est peut-être dans sa tête et dans ses rêveries, mais force est d’admettre que nous ne sommes plus, en tant que peuple,société, nation, ou tout ce que vous voudrez, encore rivés aux années quarante. Les choses ont changées, le mode de vie, les perceptions, la situation des femmes aussi. L’ADQ ne peut pas contrer une révolution démographique à lui seul. Pas plus que n’importe quel parti politique, d’ailleurs. Car si Charest ou Pauline me balançaient de beaux gros sous, sous le nez, comme une vulgaire carotte à un poulin, je serais toujours là à répugner l’offre, ne vous méprenez pas. Mario Dumont sera fortement déçu s’il espère causer à lui seul, grâce à son gros argent, un deuxième baby-boom. On ne parle pas de réparer des viaducs ou de militer contre les infâmes et affreuses commissions scolaires, ici. On parle de contexte social, de tendances.
Ainsi, à part s’il souhaite combler ses semaines de job à faire un prêtre de lui-même et à sillonner tous les foyers du Québec, Bible à la main, pour faire pression sur toutes ces petites madames qui ne remplissent pas leur devoir de bonne Québécoise fertile, c’est perdu d’avance. Mon petit Mario… quoi dire d’autre ? Un autre projet qui avortera…
Roxanne Langlois
Photo tirée de : http://caligirl.canalblog.com
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Trois jeunes journalistes se sentent assez prétentieux pour vous demander de les lire. Ils vous offrent ici leurs humeurs. À l'affut de l'actualité, le trio vous livre des textes d'opinion tranchants et mordants : Tout est noir ou tout est blanc. Intransigeant, l'arbitre ne se fait jamais d'amis, mais une chose est certaine; il a toujours le dernier mot. Oserez-vous le critiquer?
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